Ma prise de conscience

Il y a environ un mois, alors que j’allais m’occuper de mes chevaux, comme à mon habitude, à l’écurie, j’ai eu une prise de conscience.

Me voilà comme à mon habitude, allant chercher Thor dans son près, le préparer dans le box de pansage, pour le monter, pour ensuite lui faire les soins puis le raccompagner dans son près.

Et là, je me suis arrêtée.

Photo by Jacob Jolibois on Unsplash

1 - Ma prise de conscience

Comme si je venais de m’observer de l’extérieur, j’étais presque choquée de cet enchaînement d’actions que je fais depuis des années, avec tous les chevaux que j’ai pu avoir ou travailler. 

Enchaînement d’actions que tout cavalier réalise de façon presque mécanique et qu’on apprend dès la première fois qu’on met le pied dans une écurie. : 

  • Aller chercher sa monture
  • La préparer le plus proprement possible
  • Monter pendant environ une heure.
  • Lui faire les soins à nouveau le plus proprement possible
  • Le ramener là où on a été le chercher.

À quel moment, dans cette suite, prend-on le temps d’être juste avec son cheval ? 

Au pansage, me direz-vous, mais soyons honnête, nous sommes soit perdu dans nos pensées, soit en train de discuter avec une personne présente à l’écurie en même temps que nous.

On pense à notre passé, à notre futur, ou on discute de ce qui nous est arrivé ou ce que l’on souhaite réaliser.

Et notre cheval dans tout cela ? Il attend, patiemment que l’on daigne se rendre compte qu’il est présent, LUI!

Alors non, ce n’est pas la carotte de fin de travail et la caresse de début qui va pouvoir changer quelque chose à ce sujet. 

En-tout-cas, ce n’est plus viable pour moi. Cela est plus pour se donner bonne conscience en tant qu’humain plutôt que d’être dans la vraie relation avec son cheval.

2 - C'est quoi la vraie relation?

Tu vois ces moments que tu peux passer avec tes amis. A faire une activité en commun, discuter, échanger sur divers sujets qui vous tiennent à cœur ensemble. 

Tu visualises ces moments où parfois même, vous ne faites rien de particulier, mais ou vous êtes juste ensemble. Pour le plaisir de ne pas être seule à ce moment-là et de pouvoir profiter d’un moment en compagnie d’une personne qui nous tiens à cœur.

Être juste ensemble en fait, sans rien attendre de l’autre particulièrement ou pour réaliser un but ensemble, mais dans une volonté commune.

C’est ça ce que j’appelle la vraie relation. 

3 - La vraie relation avec un cheval, ça donne quoi?

Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’on va pouvoir jouer à Mario Kart avec son cheval, sur la switch ou qu’on pourrait aller boire un café à la terrasse du coin. 

Par contre, il est tout à fait possible de commencer à être véritablement avec son cheval en faisant des choses qui nous plaisent à tous les deux. Mais avant d’être dans l’action, il va falloir passer par une phase d’inaction pour apprendre à se connaître.

Et vous pourriez être surpris de découvrir qui est véritablement votre cheval.

Être dans la vraie relation avec son cheval, c’est un peu devenir son ami, selon nos modèles humains. En réalité, cela reviendrait à apprendre qui l’on est, s’accepter tel que nous sommes véritablement et connaître nos limites respectives. 

Un peu comme les chevaux vivant en troupeau. Chacun à sa place, chacun respecte sa place et celle d’autrui. Mais avec des pointes de fonctionnements humains, car le but est aussi de créer une relation entre deux espèces qui n’ont pas les mêmes codes sociaux. 

On s’apprivoise en somme.

4 - Concrètement cela donne quoi?

J’ai finis par me demander si les personnes qui arrivaient à réaliser des choses incroyables en liberté, avec leurs chevaux, n’étaient pas justement passé par cette phase où l’on s’apprivoise ?

Cette partie immergée de l’iceberg, qu’on ne voit jamais en tant que spectateur et qui prend la majeure partie du temps que l’on peut passer avec son cheval.

Certains commencent un peu à en parler, mais ce n’est pas ce qu’on étale le plus sur les réseaux sociaux. Pas très spectaculaire et loin de nos conventions de cavalier.

En fait, il s’agit ni plus ni moins de « casser » une habitude de fonctionnement ancrée dans le monde équestre depuis des milliers d’années pour en créer une nouvelle.

Photo by Jon Tyson on Unsplash

Passer du cheval utile à l’homme, au cheval collaborant avec l’homme.

Alors oui, « Rome ne s’est pas fait en un jour » et ce n’est pas parce qu’on se dit qu’il faut qu’on change nos habitudes qu’on va réussir à le faire. Surtout si nous sommes les seuls à le faire dans notre entourage. Dure de ne pas se faire happer par la masse et revenir en arrière.

Personnellement, j’ai pris le parti de tenter le changement complet en me mettant de nouveaux objectifs avec mes chevaux. 

Exit le fait de les monter, je veux juste passer du temps avec eux, quitte à ne pas savoir quoi faire dans un premier temps. Peut-être juste les observer, prendre soin d’eux en étant juste véritablement avec eux, dans l’instant présent. M’assurer de leur bien-être, puis ensuite, recommencer à leur apprendre des choses. De travail à pied dans un premier temps, puis on verra ensuite pour remonter sur leur dos.

Réapprendre à ne plus être dans l’impatience, le monde des chevaux et silencieux et intemporel. Comment pourraient-ils comprendre que nous avons un rendez-vous après ou que nous nous sommes pris la tête pour des questions financières avant d’aller les voir ?

Accepter ce qui semble inacceptable dans notre monde d’humain, de ne rien faire, de prendre le temps et de s’arrêter vraiment.

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